14 février 2006

Lionel, puisque tu es là.

Les socialistes sont pareils à la tortue de la fable. Connaissant leur peu de goût pour le mouvement - il est loin le temps où le parti socialiste était celui du changement - ils se laissent diriger par des réalités profondes qui rendent inéluctable le dénouement des plus improbables suspenses.
La prochaine élection présidentielle en sera la plus éclatante des démonstrations. Au premier regard, personne n'est capable de dire qui sortira vainqueur du concours de beauté pré-présidentiable. Y sont réunis les inéluctables, DSK et Fabius, les romantiques, Jack Lang et Kouchner (s'il est militant), les troubles fêtes (Emmanuelli et Ségolène) et l'ouvrier de la 13e heure, F Hollande. Tous sont sur la ligne pour la plus délicieuse partie de poker menteur qu'il nous ait été donné de suivre depuis des années. Car, chacun l'a déjà compris, l'issue de la partie est déjà écrite. Puisque la mode est à allonger la durée de travail dans une vie afin de financer plus facilement les retraites, le parti socialiste devra être exemplaire. Lionel Jospin fera donc don de son corps à la cause présidentielle en mettant un terme à sa retraite insulaire.
Ceux et celles que la vie politique intéresse seront donc conviés ici à admirer la réalisation du come-back. Mais, à travers ce vrai faux suspense, c'est aussi le résultat de 2007 qui s'écrit. C'est pourquoi nous nous adresserons directement à notre futur héros. Car, au final, ce qui importe pour nous, c'est la victoire de la gauche en 2007.Une candidature Jospin, moins pire que le pire, n'aurait rien d'enthousiasmant en soi. Aussi donnerons-nous quelques avis modestes en ces lignes, quelques idées, des motifs d'indignation et finalement, nous l'espérons, un petit coup de pouce à un scénario un peu triste. Ce blog est donc un anti-comité de soutien. Lionel, puisque tu es là, accepte d'entendre d'autres que ceux qui vont chanter tes louanges au seul motif qu'ils n'ont pas d'autre choix. Peut-être trouveras-tu alors dans ces lignes de quoi préférer de vrais soutiens à de faux amis.