C.P.E et Projet
Nous débattons ce matin dans un climat politique de crise qui s’amplifie. Cette nuit, les étudiants ont été délogés de la Sorbonne par les forces de l’ordre. Et chaque jour qui passe, le mouvement de rejet du CPE et l’exigence de son retrait gagne en puissance. Ce mouvement gagne en force, il gagne en soutiens, les salaires du secteur public comme ceux du privé dans les territoires touchés par le chômage de masse y voyant l’occasion d’exprimer par procuration les revendications du malaise qui les traverse. Quelle sera l’issue de ce mouvement ? Quel écho aura-t-il dans nos quartiers, 3 mois après les émeutes qui les ont traversées ? Nul ne le sait. Mais on ne peut que se féliciter du soutien du parti à ce mouvement. Pour les socialistes en effet, le C.P.E est une attaque de plus contre notre système social après les lois sur la retraite, la santé, les anti-réformes fiscales, la fin de la hiérarchie des normes dans les accords d’entreprises, le C.N.E… Au-delà, il illustre la méthode du Gouvernement qui précarise toujours les plus faibles et rajoute des difficultés à ceux dont il pense qu’ils ne peuvent se défendre – aujourd’hui les jeunes. Enfin, le C.P.E contribue à véhiculer l’idée de base du raisonnement de la droite : Pour gagner en compétitivité et en efficacité, l’économie doit réduire plus encore ces coûts sociaux. Pour 3 raisons, nous devons exiger sans aucune concession le retrait pur et simple du C.P.E. De ce point de vue, le projet de communiqué qui nous est proposé ce matin est insuffisant : Il critique la droite au motif que « la France est mal gouvernée » quand il faut d’abord mettre en exergue les oppositions de fond que nous avons avec la droite libérale. Et il évoque le C.P.E sans demander son retrait pur et simple : Cela n’est pas possible. Une motion du parti dans le contexte d’aujourd’hui ne peut qu’exiger son retrait. Nous demandons donc des modifications au projet de texte sur ces 2 points.
Au-delà, et au moment où nous travaillons à l’élaboration d’un nouveau projet, il est indispensable de mesurer en quoi la situation actuelle nous oblige à nous remettre en cause sur un certain nombre de sujets :
* La jeunesse d’abord – Le mouvement anti C.P.E est un mouvement protestataire de jeunes de plus après ceux des banlieues, des lycéens, de sauvons la recherche, des intermittents du spectacle, de génération précaire – Ce qui est posé derrière ces revendications, c’est la place de la jeunesse dans notre société. Nous n’y répondons pas par un dispositif plus intelligent ou généreux que les autres. Nous ne pouvons chercher à répondre aux jeunes comme on s’adresse à une minorité, à une catégorie fragile à laquelle il faudrait faire la charité. Nous devons au contraire rechercher les réformes de structure qui donneront aux jeunes toute leur place dans la société. Nous devons raisonner du point de vue global et réfléchir aux moyens de recréer un terrain favorable à la créativité et à l’innovation dont sont d’abord les garants les jeunes. Repenser la société pour que la jeunesse y tienne toute sa place. Telle doit être la perspective.
* Le « modèle social » recharpenté par la droite ensuite. Après plusieurs années d’assaut libéral, ce modèle n’a plus grand-chose d’exemplaire et encore moins de social. Il n’est plus possible d’apparaître seulement comme les purs défenseurs de ce modèle social qui n’en est plus un où, comme le précise insuffisamment le texte distribué par A. Bergougnoux sur le projet comme ceux qui « défendent le modèle social et veulent en maîtriser l’évolution ». Ce qu’il convient de faire, au contraire, c’est de refonder un nouveau contrat social d’équilibre entre les générations et de réformes profondes par la concertation. A un « modèle social » qui demande aux plus jeunes d’attendre ou de rentrer le dos courbé et qui pousse dehors les salariés avant qu’ils ne soient âgés, nous devons opposer une nouveau contrat social qui répartit équitablement les protections contre les risques économiques et sociaux.
Voilà l’enjeu de notre projet.
* La crise politique enfin – Bien mal portant avant le C.P.E, notre système politique sortira plus épuisé encore de la crise actuelle. Absence de débats, le 49’3, violences contre le mouvement social. La Vème République agonisse de ne pouvoir engager quelque réforme que ce soit et de s’enfermer de plus en plus dans des solutions d’ordre aussi vaines qu’illusoires. Notre projet ne pourra faire l’impasse sur les réformes profondes du système institutionnel. La suppression du 49’3 devra évidemment en être une des propositions.
Un mot pour conclure, puisque François Rebsamen m’invite à abréger….
Soit notre projet ne fait aucun choix, envisage de s’adresser à tous, indifféremment et se construit sur la prudence qui ressort de la 1ère version distribuée, et nous échouerons.
Soit nous faisons des choix clairs de réforme, nous prenons des risques et nous redeviendrons audibles. C’est dans ce cadre que nous sommes prêts à contribuer pleinement aux travaux du projet.
Au-delà, et au moment où nous travaillons à l’élaboration d’un nouveau projet, il est indispensable de mesurer en quoi la situation actuelle nous oblige à nous remettre en cause sur un certain nombre de sujets :
* La jeunesse d’abord – Le mouvement anti C.P.E est un mouvement protestataire de jeunes de plus après ceux des banlieues, des lycéens, de sauvons la recherche, des intermittents du spectacle, de génération précaire – Ce qui est posé derrière ces revendications, c’est la place de la jeunesse dans notre société. Nous n’y répondons pas par un dispositif plus intelligent ou généreux que les autres. Nous ne pouvons chercher à répondre aux jeunes comme on s’adresse à une minorité, à une catégorie fragile à laquelle il faudrait faire la charité. Nous devons au contraire rechercher les réformes de structure qui donneront aux jeunes toute leur place dans la société. Nous devons raisonner du point de vue global et réfléchir aux moyens de recréer un terrain favorable à la créativité et à l’innovation dont sont d’abord les garants les jeunes. Repenser la société pour que la jeunesse y tienne toute sa place. Telle doit être la perspective.
* Le « modèle social » recharpenté par la droite ensuite. Après plusieurs années d’assaut libéral, ce modèle n’a plus grand-chose d’exemplaire et encore moins de social. Il n’est plus possible d’apparaître seulement comme les purs défenseurs de ce modèle social qui n’en est plus un où, comme le précise insuffisamment le texte distribué par A. Bergougnoux sur le projet comme ceux qui « défendent le modèle social et veulent en maîtriser l’évolution ». Ce qu’il convient de faire, au contraire, c’est de refonder un nouveau contrat social d’équilibre entre les générations et de réformes profondes par la concertation. A un « modèle social » qui demande aux plus jeunes d’attendre ou de rentrer le dos courbé et qui pousse dehors les salariés avant qu’ils ne soient âgés, nous devons opposer une nouveau contrat social qui répartit équitablement les protections contre les risques économiques et sociaux.
Voilà l’enjeu de notre projet.
* La crise politique enfin – Bien mal portant avant le C.P.E, notre système politique sortira plus épuisé encore de la crise actuelle. Absence de débats, le 49’3, violences contre le mouvement social. La Vème République agonisse de ne pouvoir engager quelque réforme que ce soit et de s’enfermer de plus en plus dans des solutions d’ordre aussi vaines qu’illusoires. Notre projet ne pourra faire l’impasse sur les réformes profondes du système institutionnel. La suppression du 49’3 devra évidemment en être une des propositions.
Un mot pour conclure, puisque François Rebsamen m’invite à abréger….
Soit notre projet ne fait aucun choix, envisage de s’adresser à tous, indifféremment et se construit sur la prudence qui ressort de la 1ère version distribuée, et nous échouerons.
Soit nous faisons des choix clairs de réforme, nous prenons des risques et nous redeviendrons audibles. C’est dans ce cadre que nous sommes prêts à contribuer pleinement aux travaux du projet.
2 Commentaire(s):
L'enjeu est majeur pour le parti socialiste. Cette génération sacrifiée qui est la nôtre, celle des trentenaires, qui vivent la précarité, le manque de possibilité de se projeter dans l'avenir... a besoin de perspectives. Elle n'est pas belle cette France qui craint sa jeunesse et la stigmatise. La gauche porte l'espérance, la défense de certaines valeurs. C'était le sens de l'appel des gens dans les quartiers il y a quelques mois, « Liberté, Egalité, Fraternité ». Pour redonner confiance, il faudra prendre des engagements, en construction et pas en seule opposition au modèle de la droite, et surtout les tenir. Vivement la VIème République !
bon courage pour tenter d'obtenir des positions fermes
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