Long road to Le Mans 7: Entre division et confusion
A la Toussaint, et à quelques 10 jours du vote dans les sections on peut faire un premier bilan:Sans savoir encore ce que ce Congrès apportera, on sait déja ce qu'il a vu périr.
Enterré l'espoir d'une analyse critique de 3 ans d'hésitations stratégiques et du chaud et froid électoral auquel nous semblons nous résigner:En 2002 la débacle electorale; en 2004 l'espoir d'un renouveau dont nous devrions reconnaitre ce qu'il doit aux erreurs de Raffarin et à la dynamique du mouvement social ; en 2005 un référendum ou, pour la 1ère fois, le parti officiel a fait campagne contre la très large majorité de l'electorat de gauche. Autant de mouvements erratiques qui auraient mérité un congrès de réflexion sur les raisons de ces échecs entrecoupés d'espoirs.
Las, comme à Dijon:Interdit de penser! Ceux qui comme nous s'y essaient sont aussitot accusés d'affaiblir le parti. Et la nouvelle prose du vrai-faux retraité Jospin rappelle aux impertinents dont nous sommes qu'il n'y a rien à apprendre d'un passé où seuls les divisions de la gauche et un peuple au comportement électoral "léger" sont à blamer. En imposant aux militants cette stratégie de la tête dans le sable, la direction actuelle du parti prend la responsabilité d'interdire au parti toute possibilité de rénovation; Seule l'analyse de ses erreurs et la recherche des moyens de les dépasser fait grandir. En rapetissant le parti, la direction ouvre un espace inespéré aux forces situées à la gauche du parti.
Enterré aussi l'enthousiasme d'un Congrès qui se serait voulu véritablement celui du projet. Tout est fait pour chloroformer les débats. Et si la direction actuelle peut s'ennorgueillir d'un succès c'est bien celui là. Allant sur tous les fronts répétant que tout le monde dit pareil et que le plus important c'est l'unité du parti, F. Hollande poursuit son entreprise systématique de dépolitisation. En même temps qu'il réclame un parti volontaire, il fait tout pour tuer dans l'oeuf tout débat véritable, transformant le congrès du Mans en simple conseil de discipline pour militants non respectueux des choix de la majorité quand il devrait être l'oral de rattrapage du travail non realisé à Dijon. C'est le Congrès "Dunlopillo":Dormez, dormez camarades, la direction s'occupe de vous. Et si d'aventure, par la grace des déchirures du couple Sarkozin-Villepy, nous revenions au pouvoir en 2007, par pitié continuez à dormir. Nous, on sait ce qu'il faut faire. Cette stratégie de l'édredon dans l'opposition prépare l'incapacité à réformer demain: Si elle ne peut s'appuyer sur la mobilisation de ceux qui ont intéret à la réforme, la gauche décevra à nouveau au pouvoir .
Enterré enfin l'examen de conscience de quelques puissantes fédérations du parti qui, au lendemain du référendum semblaient s'ébrouer en se posant quelques questions. Cela n'a pas duré longtemps. Les premières chaleurs de l'été auront eu raison des déclarations martiales du Pas de Calais et des Bouches du Rhone. Les muscles saillants exhibés au conseil National de Juillet par le dépot de contributions-quelle audace!-se sont révélés n'être que gonflette pré-plage. Dans ces fédérations où le oui a fait plus de 60% au référendum interne...et le non plus de 70% dans la population(plus de 80% dans l'electorat de gauche), le néo-molletisme triomphe:On ne compte plus les militants qui ayant voté oui dans le parti ont voté non au réferendum; Mais silence dans les rangs ; Pas une voix ne doit manquer au camarade 1er secretaire. Au nom d'une tradition bien établie dans le parti, il serait même bien pour la fédération qu'il y ait plus de voix que de militants!
Voilà où nous en sommes. Et pourtant. Dans chacune des réunions de présentation de motion, on sent que ce système recroquevillé sur lui même ne fonctionne plus. Il s' effrite, nombre de militants rejoignant notre texte ou celui de L Fabius. Cela sera -t-il suffisant pour créer une nouvelle majorité?Nous verrons bien sous peu. Mais d'ores et déjà on sent le moment de la rénovation proche. Ce système ne peut pas durer. Il ne peut traverser sans lourds dommages une désignation présidentielle qui s'annonce délicate. Et ne peut pas plus s'offrir à un retour providentiel qui divisera le parti comme la gauche bien plus qu'il ne consolidera l'édifice.
Alors? Alors, soit dans les 10 jours qui viennent nous arrivons à convaincre suffisamment de camarades que le temps de la rénovation est venu, et nous redonnerons des chances à notre parti et à la gauche; Soit il faudra encore un peu de temps. Et dans ce cas il importera de ne pas se dissoudre dans une pseudo synthèse qui ne convaincra personne. Divisé sur le projet, divisé sur les candidatures, le parti doit apprendre à vivre ensemble avec ses désaccords tandis que la rénovation doit apprendre à patienter en se préservant.
Au célèbre congrès de Toulouse, source du PS balbutiant du début du 20 ème siècle, dans un magnifique et prophétique discours de lucidité et de vérité, Jean Jaurès expliquait:"Mieux vaut se diviser sur des formules nettes que se confondre sur des formules obscures". Pouvons nous trouver meilleur guide?
Enterré l'espoir d'une analyse critique de 3 ans d'hésitations stratégiques et du chaud et froid électoral auquel nous semblons nous résigner:En 2002 la débacle electorale; en 2004 l'espoir d'un renouveau dont nous devrions reconnaitre ce qu'il doit aux erreurs de Raffarin et à la dynamique du mouvement social ; en 2005 un référendum ou, pour la 1ère fois, le parti officiel a fait campagne contre la très large majorité de l'electorat de gauche. Autant de mouvements erratiques qui auraient mérité un congrès de réflexion sur les raisons de ces échecs entrecoupés d'espoirs.
Las, comme à Dijon:Interdit de penser! Ceux qui comme nous s'y essaient sont aussitot accusés d'affaiblir le parti. Et la nouvelle prose du vrai-faux retraité Jospin rappelle aux impertinents dont nous sommes qu'il n'y a rien à apprendre d'un passé où seuls les divisions de la gauche et un peuple au comportement électoral "léger" sont à blamer. En imposant aux militants cette stratégie de la tête dans le sable, la direction actuelle du parti prend la responsabilité d'interdire au parti toute possibilité de rénovation; Seule l'analyse de ses erreurs et la recherche des moyens de les dépasser fait grandir. En rapetissant le parti, la direction ouvre un espace inespéré aux forces situées à la gauche du parti.
Enterré aussi l'enthousiasme d'un Congrès qui se serait voulu véritablement celui du projet. Tout est fait pour chloroformer les débats. Et si la direction actuelle peut s'ennorgueillir d'un succès c'est bien celui là. Allant sur tous les fronts répétant que tout le monde dit pareil et que le plus important c'est l'unité du parti, F. Hollande poursuit son entreprise systématique de dépolitisation. En même temps qu'il réclame un parti volontaire, il fait tout pour tuer dans l'oeuf tout débat véritable, transformant le congrès du Mans en simple conseil de discipline pour militants non respectueux des choix de la majorité quand il devrait être l'oral de rattrapage du travail non realisé à Dijon. C'est le Congrès "Dunlopillo":Dormez, dormez camarades, la direction s'occupe de vous. Et si d'aventure, par la grace des déchirures du couple Sarkozin-Villepy, nous revenions au pouvoir en 2007, par pitié continuez à dormir. Nous, on sait ce qu'il faut faire. Cette stratégie de l'édredon dans l'opposition prépare l'incapacité à réformer demain: Si elle ne peut s'appuyer sur la mobilisation de ceux qui ont intéret à la réforme, la gauche décevra à nouveau au pouvoir .
Enterré enfin l'examen de conscience de quelques puissantes fédérations du parti qui, au lendemain du référendum semblaient s'ébrouer en se posant quelques questions. Cela n'a pas duré longtemps. Les premières chaleurs de l'été auront eu raison des déclarations martiales du Pas de Calais et des Bouches du Rhone. Les muscles saillants exhibés au conseil National de Juillet par le dépot de contributions-quelle audace!-se sont révélés n'être que gonflette pré-plage. Dans ces fédérations où le oui a fait plus de 60% au référendum interne...et le non plus de 70% dans la population(plus de 80% dans l'electorat de gauche), le néo-molletisme triomphe:On ne compte plus les militants qui ayant voté oui dans le parti ont voté non au réferendum; Mais silence dans les rangs ; Pas une voix ne doit manquer au camarade 1er secretaire. Au nom d'une tradition bien établie dans le parti, il serait même bien pour la fédération qu'il y ait plus de voix que de militants!
Voilà où nous en sommes. Et pourtant. Dans chacune des réunions de présentation de motion, on sent que ce système recroquevillé sur lui même ne fonctionne plus. Il s' effrite, nombre de militants rejoignant notre texte ou celui de L Fabius. Cela sera -t-il suffisant pour créer une nouvelle majorité?Nous verrons bien sous peu. Mais d'ores et déjà on sent le moment de la rénovation proche. Ce système ne peut pas durer. Il ne peut traverser sans lourds dommages une désignation présidentielle qui s'annonce délicate. Et ne peut pas plus s'offrir à un retour providentiel qui divisera le parti comme la gauche bien plus qu'il ne consolidera l'édifice.
Alors? Alors, soit dans les 10 jours qui viennent nous arrivons à convaincre suffisamment de camarades que le temps de la rénovation est venu, et nous redonnerons des chances à notre parti et à la gauche; Soit il faudra encore un peu de temps. Et dans ce cas il importera de ne pas se dissoudre dans une pseudo synthèse qui ne convaincra personne. Divisé sur le projet, divisé sur les candidatures, le parti doit apprendre à vivre ensemble avec ses désaccords tandis que la rénovation doit apprendre à patienter en se préservant.
Au célèbre congrès de Toulouse, source du PS balbutiant du début du 20 ème siècle, dans un magnifique et prophétique discours de lucidité et de vérité, Jean Jaurès expliquait:"Mieux vaut se diviser sur des formules nettes que se confondre sur des formules obscures". Pouvons nous trouver meilleur guide?