En attendant 2007 .1:Il est né le divin enfant..
Avec quelques jours d'avance sur Noël, notre nouveau courant est né."Rénover, maintenant" est désormais le cadre dans lequel nous apporterons à notre parti notre enthousiasme, notre énergie et notre imagination. Près de 200 de nos camarades venus de toute la France en ont décidé ainsi ce samedi a l'Assemblée Nationale.
3 heures de débat auront finalement permis de débuter une nouvelle aventure après la terrible déception du Mans où notre oeuvre commune,NPS, s'est diluée dans une synthèse générale contraire au mandat de nos délégués trahis au milieu de la nuit pour un misérable plat de lentilles.
Désormais, nous regardons devant avec quelques boussoles simples. D'abord la cohérence. Nous ne partons pas de rien, nous repartons avec le patrimoine idéologique du Nps initial, son projet au nom duquel nous sommes restés debout, et ses pratiques démocratiques basées sur le respect les décisions des militants, toutes choses auxquelles finalement nous aurons accordé un prix tout particulier.
Ensuite, la volonté d'être constructif. A 18 mois d'échéances essentielles pour le pays et la gauche, nous n'entendons pas mener une guérilla interne au parti ni nous recroqueviller sur nous même. Au contraire, notre souhait est d'apporter à notre parti ce qui nous semble manquer à la synthèse: de la clarté dans les choix et les idées, et de la volonté de rénover les pratiques et les équipes. A la stratégie du hérisson qui consisterait à se replier sur nous même, nous avons préféré celle du phénix: en renaissant des cendres du défunt NPS, nous retouverons l'enthousiasme de début et la vitalité de ceux qui ont appris beaucoup des difficultés.
Le calme, enfin. Nous ne nous précipitons pas tête baissée vers je ne sais quelle expédition. Bien au contraire, convaincus de la necéssité de la rénovation de notre parti pour réussir 2007, nous avons le calme de ceux qui savent la force progressivement pénétrante de l'évidence dans les consciences. Si nous voulons gagner 2007 l'armée mexicaine des 200 responsables nationaux du parti(!)s'arrangeant entre eux dans les couloirs trop exigües de la rue de Solférino a peu de chances d'incarner quelque force d'entrainement que ce soit. Quant aux arbitrages politiques, ils seront par avance sacrifiés à une image d'unité d'autant plus précaire que se profilera la compétition entre présidentiables. Parce que nous savons que la prise de distance du parti sera alors la tentation naturelle des futurs candidats nous voulons nous comporter loyalement vis à vis du parti. Nous apporterons donc toutes nos idées au candidat désigné par le parti, tout en formant le voeu que des primaires plus larges que notre coquille de noix socialo-socialiste permettent d'élargir la base de la désignation.
Ouvrir la voie de la rénovation. S'ouvrir; Ce furent les mots clés de la matinée. Ainsi,c'est sous de très nombreux applaudissements qu'un camarade a demandé que notre courant soit un courant ouvert. Et pourtant quelle audace! Réconcilier les 2 mots les plus contradictoires du vocabulaire socialiste est sans conteste la première innovation de Rénover maintenant. Un courant, pour participer pleinement à tous les débats internes du parti et présenter des candidatures chaque fois que cela sera nécessaire. Mais ouvert vers l'extérieur, en recherchant largement la participation de sympathisants, de responsables associatifs, de jeunes dans le cadre de nos associations départementales afin que se constituent ainsi des ateliers démocratiques de la rénovation(café -Rénover,forums...); C'est le pari que nous engageons. Il implique le même esprit d'ouverture en direction de nos ex amis de NPS et du parti. Inutile de ressasser quelque amertume que ce soit. Après tout, comment en vouloir à quelques camarades, la fatigue aidant, d'abdiquer quelques convictions quand on voit la force du diktat de l'unité auquel ils ont été soumis. Dans ce contexte, il n'était pas facile d'accepter de rester minoritaire quelque temps encore. Très peu nombreux sont en fait ceux qui voulaient à tout prix réintégrer la majorité.
Précisions: lors de nos débats, toutes les décisions ont fait l'objet d'un vote dans une assemblée rafraichissante: le nom,l'organisation, et le texte de fond adopté(ci-après). Nombreux doivent être ceux qui se demandent à combien nous démarrons cette aventure. Sans entrer dans un débat du type le nombre selon les organisateurs-le nombre selon les apparatchiks de la préfecture de police,reconnaissons que nous sommes beaucoup moins seuls que ce dont on nous menaçait: plusieurs députés, 4 fédérations, la plupart des grosses fédés NPS ...et tous ceux qui nous ont fait savoir qu'ils allaient nous rejoindre en début d'année. C'est un grand plaisir que de savoir retrouver sous peu la plus grande partie de nos amis de ces 3 dernières années. Quand Arnaud pense que nous aurons retrouvé 80% de l'ex Nps sous 6 mois il a raison. S'ajouteront à ces amis, des camarades venant d'autres courants. D'ores et déjà,1 conseiller régional et plusieurs secrétaires de section motion 2 ont souhaité nous rejoindre.
Militantes, militants, sympathisantes et sympathisants qui souhaitez vous pencher sur le nouveau né et, tels les rois mages traverser le désert pour le rejoindre, choisissez bien vos cadeaux; De quoi a-t-il besoin? D'énergie, d'idées, d'enthousiasme, de convictions. Bon d'accord, d'un peu d'argent aussi, mais pour l'instant il faut déposer les statuts! Alors préparez vous à cette formidable expédition qui doit nous mener à la victoire en 2007. Et sachez que ce divin enfant est enfant...du futur candidat à la présidentielle du parti, qui que ce soit, puisque dans notre système politique nous nous dotons tous les 5 ans d'un dieu élu. Pour l'instant c'est comme ça et depuis le Mans,sur cette question aussi la messe est dite.Amen
Texte de fond adopté :
Rénover, maintenant
Trois ans déjà
Dès le soir de la double et terrible défaite des élections Présidentielles et Législatives de 2002, nous, Socialistes, savions le travail auquel nous devions désormais nous atteler : il fallait changer. Crise sociale, crise politique, insuffisance de renouvellement de notre projet se conjuguaient pour expliquer l’ampleur de notre défaite. Notre incapacité à admettre l’ampleur de la crise sociale nous avait résignés dans nos ambitions de réforme, ce qui nous avait coupés de notre base sociale traditionnelle. L’acceptation du cadre paralysant des institutions de la Vème république où les pouvoirs de blocage interdisent toute transformation sociale et le refus de mettre fin à l’irresponsabilité des pouvoirs présidentiels et judiciaires ajoutaient à ce sentiment d’impuissance. Enfin, dans l’impossibilité de définir clairement notre position sur les principaux enjeux de société du moment (sécurité, capitalisme et travail, immigration, discriminations, rôle de l’Etat, etc…) nous ne pouvions répondre aux préoccupations des couches modestes et populaires, ni intéresser la jeunesse au débat politique. Pour beaucoup d’entre nous, la réponse à ces échecs passait par des changements profonds dans les lignes politiques qui structurent notre Parti : cette nouvelle donne, ce projet élevé de rénovation, devait être mis en œuvre immédiatement.
Trois ans plus tard, où en sommes nous ? Congrès de Dijon ; référendum interne ; congrès du Mans. Trois ans de débats internes pour réorienter en quoi ? Le texte de la synthèse du Mans marque bien quelques inflexions, mais n’a pas opéré le changement d’axes espéré. Le réarmement de la politique devant les constats d’échec et de crise a échoué. Le Mans restera comme une nouvelle occasion manquée de rénover.
Occasion manquée
Ainsi, malgré l’angoisse de nos concitoyens face à la mondialisation, les aspirations à plus de contenu social et environnemental des règles du commerce international restent des vœux, pas des obligations. Si la gouvernance mondiale est bien évoquée, c’est sans que l’objectif de contrôle effectif de la mondialisation ne soit en pratique affirmé, pas plus que le rôle que pourrait jouer une régulation par de grands ensembles continentaux disposant le cas échéant d’outils d’actions appropriées (tarifs extérieurs communs).
Notre projet européen reste tout aussi indécis : peu d’avancées par rapport aux plates-formes que nos congrès votent depuis 10 ans, sur la gouvernance économique, révision des statuts de la Banque Centrale Européenne, augmentation des pouvoirs du parlement, retrait des directives libérales, perspective fédérale. Mais face au défi de la nouvelle situation née de la constitution d’un nouvel ensemble européen à 25, la question centrale, celle de la structuration politique de l’Europe d’aujourd’hui et de demain, n’est pas abordée, parce qu’elle n’a toujours pas été tranchée entre nous. Nous avons proposé un projet ambitieux, global, de réorganisation de la décision collective, à travers la « République européenne ». Le problème n’est pas que ce projet n’ait pas été retenu, le problème est que rien d’autre ne lui ai été substitué : il n’existe pas de synthèse socialiste sur la construction politique européenne au moment où les impasses budgétaires rendent plus nécessaires que jamais cette redéfinition.
Certes notre projet social pour la France a évolué. Les priorités au pouvoir d’achat, à la réforme de la fiscalité et à un encadrement renforcé du droit du travail sont plus marquées, tout comme les engagements nouveaux que sont l’exigence renforcée en matière du logement social ou du SMIC. Mais l’analyse des moyens politiques de mise en œuvre d’une nouvelle politique économique et sociale n’est même pas ébauchée : comment repenser les politiques d’innovation, de recherche et de développement industriel pour redynamiser la croissance économique ? Comment refonder la légitimité et la représentativité du fait syndical pour rendre possible une grande négociation nationale sans laquelle les réformes des systèmes de protection sociale (retraite, santé) du droit du travail et de la fiscalité seront vaines ? Comment réorganiser l’action publique et moderniser l’Etat quand la décentralisation non financée et l’enchevêtrement de niveaux de décisions multiples paralysent toute possibilité de changement véritable ?
Quant à la crise politique et démocratique elle est exemptée de toute rénovation véritable : plus que jamais présidentialistes, nous restons dans l’illusion de pouvoir appliquer de nouvelles politiques économiques et sociales audacieuses quand le système politique de la Vème République, en organisant l’éloignement des dirigeants et la coupure d’avec les citoyens, interdit de pouvoir compter sur l’appui populaire au moment où il y en aurait besoin pour réformer. Avec le refus d’envisager la VIème République, primo ministérielle, laïque et sociale, on se prive des moyens concrets de la réforme.
L’obligation de rénovation
Pour toutes ces raisons, nous ne nous reconnaissons pas dans la synthèse générale. Elle n’est pas à la hauteur de l’obligation de conduire la rénovation. Nous aurions aimé qu’elle soit beaucoup plus audacieuse, beaucoup plus authentique et pour tout dire, beaucoup plus durable. Mais nous ne croyons ni à sa force d’entraînement ni à sa pérennité. Au regard des premières conditions de sa mise en œuvre au plan national comme dans les fédérations nous voyons bien qu’elle a d’abord pour objectif d’afficher une image d’unité vis-à-vis de l’extérieur tout en couvrant souvent des pratiques d’exclusions.
Nous voulons plus que toute la victoire de notre parti et de ses projets en 2007. Nous la croyons encore possible, malgré le retard pris sur la nécessité du renouvellement. Nous entendons consacrer désormais toute notre force militante à cette victoire, au bénéfice du candidat que notre parti se sera choisi, en imposant la Rénovation et en y associant tous ceux et celles qui sont convaincus que c’est le seul chemin possible.
C’est pourquoi nous décidons aujourd’hui de fonder le mouvement « Rénover, maintenant » et appelons tous ceux et celles qui le souhaiteront à nous rejoindre et à s’organiser avec nous pour cela. Courant d’idées, de projets et de programmes renouvelés, notre mouvement participera naturellement à toutes les échéances internes de notre parti, y présentera des textes et des candidatures chaque fois que cela sera nécessaire. Mais courant ouvert sur l’extérieur aussi, pour réduire la coupure qui grandit entre l’intérieur de notre parti et le reste de la société : à ce titre, nous appellerons les sympathisants du parti, les jeunes, les responsables associatifs et tous ceux et celles qui croient à la nécessité du renouvellement à gauche, à participer pleinement aux ateliers de la Rénovation que nous mettrons en place dans tous les départements et aux laboratoires de la Rénovation, séminaire ouvert trimestriel que nous organiserons au niveau national pour être le débouché du grand brassage et de travail collectif d’idées nouvelles auquel nous voulons contribuer.
Rénover ; maintenant ; sans attendre.
Pour pousser – malgré lui – notre parti à se renouveler. Et pour y associer dès aujourd’hui les énergies qui doivent en faire sa force demain. C’est la voie que nous avons choisie parce que nous aimons notre parti, parce que nous croyons en son avenir pour peu qu’il se renouvelle et parce que nous voulons plus que tout battre la droite en 2007.
3 heures de débat auront finalement permis de débuter une nouvelle aventure après la terrible déception du Mans où notre oeuvre commune,NPS, s'est diluée dans une synthèse générale contraire au mandat de nos délégués trahis au milieu de la nuit pour un misérable plat de lentilles.
Désormais, nous regardons devant avec quelques boussoles simples. D'abord la cohérence. Nous ne partons pas de rien, nous repartons avec le patrimoine idéologique du Nps initial, son projet au nom duquel nous sommes restés debout, et ses pratiques démocratiques basées sur le respect les décisions des militants, toutes choses auxquelles finalement nous aurons accordé un prix tout particulier.
Ensuite, la volonté d'être constructif. A 18 mois d'échéances essentielles pour le pays et la gauche, nous n'entendons pas mener une guérilla interne au parti ni nous recroqueviller sur nous même. Au contraire, notre souhait est d'apporter à notre parti ce qui nous semble manquer à la synthèse: de la clarté dans les choix et les idées, et de la volonté de rénover les pratiques et les équipes. A la stratégie du hérisson qui consisterait à se replier sur nous même, nous avons préféré celle du phénix: en renaissant des cendres du défunt NPS, nous retouverons l'enthousiasme de début et la vitalité de ceux qui ont appris beaucoup des difficultés.
Le calme, enfin. Nous ne nous précipitons pas tête baissée vers je ne sais quelle expédition. Bien au contraire, convaincus de la necéssité de la rénovation de notre parti pour réussir 2007, nous avons le calme de ceux qui savent la force progressivement pénétrante de l'évidence dans les consciences. Si nous voulons gagner 2007 l'armée mexicaine des 200 responsables nationaux du parti(!)s'arrangeant entre eux dans les couloirs trop exigües de la rue de Solférino a peu de chances d'incarner quelque force d'entrainement que ce soit. Quant aux arbitrages politiques, ils seront par avance sacrifiés à une image d'unité d'autant plus précaire que se profilera la compétition entre présidentiables. Parce que nous savons que la prise de distance du parti sera alors la tentation naturelle des futurs candidats nous voulons nous comporter loyalement vis à vis du parti. Nous apporterons donc toutes nos idées au candidat désigné par le parti, tout en formant le voeu que des primaires plus larges que notre coquille de noix socialo-socialiste permettent d'élargir la base de la désignation.
Ouvrir la voie de la rénovation. S'ouvrir; Ce furent les mots clés de la matinée. Ainsi,c'est sous de très nombreux applaudissements qu'un camarade a demandé que notre courant soit un courant ouvert. Et pourtant quelle audace! Réconcilier les 2 mots les plus contradictoires du vocabulaire socialiste est sans conteste la première innovation de Rénover maintenant. Un courant, pour participer pleinement à tous les débats internes du parti et présenter des candidatures chaque fois que cela sera nécessaire. Mais ouvert vers l'extérieur, en recherchant largement la participation de sympathisants, de responsables associatifs, de jeunes dans le cadre de nos associations départementales afin que se constituent ainsi des ateliers démocratiques de la rénovation(café -Rénover,forums...); C'est le pari que nous engageons. Il implique le même esprit d'ouverture en direction de nos ex amis de NPS et du parti. Inutile de ressasser quelque amertume que ce soit. Après tout, comment en vouloir à quelques camarades, la fatigue aidant, d'abdiquer quelques convictions quand on voit la force du diktat de l'unité auquel ils ont été soumis. Dans ce contexte, il n'était pas facile d'accepter de rester minoritaire quelque temps encore. Très peu nombreux sont en fait ceux qui voulaient à tout prix réintégrer la majorité.
Précisions: lors de nos débats, toutes les décisions ont fait l'objet d'un vote dans une assemblée rafraichissante: le nom,l'organisation, et le texte de fond adopté(ci-après). Nombreux doivent être ceux qui se demandent à combien nous démarrons cette aventure. Sans entrer dans un débat du type le nombre selon les organisateurs-le nombre selon les apparatchiks de la préfecture de police,reconnaissons que nous sommes beaucoup moins seuls que ce dont on nous menaçait: plusieurs députés, 4 fédérations, la plupart des grosses fédés NPS ...et tous ceux qui nous ont fait savoir qu'ils allaient nous rejoindre en début d'année. C'est un grand plaisir que de savoir retrouver sous peu la plus grande partie de nos amis de ces 3 dernières années. Quand Arnaud pense que nous aurons retrouvé 80% de l'ex Nps sous 6 mois il a raison. S'ajouteront à ces amis, des camarades venant d'autres courants. D'ores et déjà,1 conseiller régional et plusieurs secrétaires de section motion 2 ont souhaité nous rejoindre.
Militantes, militants, sympathisantes et sympathisants qui souhaitez vous pencher sur le nouveau né et, tels les rois mages traverser le désert pour le rejoindre, choisissez bien vos cadeaux; De quoi a-t-il besoin? D'énergie, d'idées, d'enthousiasme, de convictions. Bon d'accord, d'un peu d'argent aussi, mais pour l'instant il faut déposer les statuts! Alors préparez vous à cette formidable expédition qui doit nous mener à la victoire en 2007. Et sachez que ce divin enfant est enfant...du futur candidat à la présidentielle du parti, qui que ce soit, puisque dans notre système politique nous nous dotons tous les 5 ans d'un dieu élu. Pour l'instant c'est comme ça et depuis le Mans,sur cette question aussi la messe est dite.Amen
Texte de fond adopté :
Rénover, maintenant
Trois ans déjà
Dès le soir de la double et terrible défaite des élections Présidentielles et Législatives de 2002, nous, Socialistes, savions le travail auquel nous devions désormais nous atteler : il fallait changer. Crise sociale, crise politique, insuffisance de renouvellement de notre projet se conjuguaient pour expliquer l’ampleur de notre défaite. Notre incapacité à admettre l’ampleur de la crise sociale nous avait résignés dans nos ambitions de réforme, ce qui nous avait coupés de notre base sociale traditionnelle. L’acceptation du cadre paralysant des institutions de la Vème république où les pouvoirs de blocage interdisent toute transformation sociale et le refus de mettre fin à l’irresponsabilité des pouvoirs présidentiels et judiciaires ajoutaient à ce sentiment d’impuissance. Enfin, dans l’impossibilité de définir clairement notre position sur les principaux enjeux de société du moment (sécurité, capitalisme et travail, immigration, discriminations, rôle de l’Etat, etc…) nous ne pouvions répondre aux préoccupations des couches modestes et populaires, ni intéresser la jeunesse au débat politique. Pour beaucoup d’entre nous, la réponse à ces échecs passait par des changements profonds dans les lignes politiques qui structurent notre Parti : cette nouvelle donne, ce projet élevé de rénovation, devait être mis en œuvre immédiatement.
Trois ans plus tard, où en sommes nous ? Congrès de Dijon ; référendum interne ; congrès du Mans. Trois ans de débats internes pour réorienter en quoi ? Le texte de la synthèse du Mans marque bien quelques inflexions, mais n’a pas opéré le changement d’axes espéré. Le réarmement de la politique devant les constats d’échec et de crise a échoué. Le Mans restera comme une nouvelle occasion manquée de rénover.
Occasion manquée
Ainsi, malgré l’angoisse de nos concitoyens face à la mondialisation, les aspirations à plus de contenu social et environnemental des règles du commerce international restent des vœux, pas des obligations. Si la gouvernance mondiale est bien évoquée, c’est sans que l’objectif de contrôle effectif de la mondialisation ne soit en pratique affirmé, pas plus que le rôle que pourrait jouer une régulation par de grands ensembles continentaux disposant le cas échéant d’outils d’actions appropriées (tarifs extérieurs communs).
Notre projet européen reste tout aussi indécis : peu d’avancées par rapport aux plates-formes que nos congrès votent depuis 10 ans, sur la gouvernance économique, révision des statuts de la Banque Centrale Européenne, augmentation des pouvoirs du parlement, retrait des directives libérales, perspective fédérale. Mais face au défi de la nouvelle situation née de la constitution d’un nouvel ensemble européen à 25, la question centrale, celle de la structuration politique de l’Europe d’aujourd’hui et de demain, n’est pas abordée, parce qu’elle n’a toujours pas été tranchée entre nous. Nous avons proposé un projet ambitieux, global, de réorganisation de la décision collective, à travers la « République européenne ». Le problème n’est pas que ce projet n’ait pas été retenu, le problème est que rien d’autre ne lui ai été substitué : il n’existe pas de synthèse socialiste sur la construction politique européenne au moment où les impasses budgétaires rendent plus nécessaires que jamais cette redéfinition.
Certes notre projet social pour la France a évolué. Les priorités au pouvoir d’achat, à la réforme de la fiscalité et à un encadrement renforcé du droit du travail sont plus marquées, tout comme les engagements nouveaux que sont l’exigence renforcée en matière du logement social ou du SMIC. Mais l’analyse des moyens politiques de mise en œuvre d’une nouvelle politique économique et sociale n’est même pas ébauchée : comment repenser les politiques d’innovation, de recherche et de développement industriel pour redynamiser la croissance économique ? Comment refonder la légitimité et la représentativité du fait syndical pour rendre possible une grande négociation nationale sans laquelle les réformes des systèmes de protection sociale (retraite, santé) du droit du travail et de la fiscalité seront vaines ? Comment réorganiser l’action publique et moderniser l’Etat quand la décentralisation non financée et l’enchevêtrement de niveaux de décisions multiples paralysent toute possibilité de changement véritable ?
Quant à la crise politique et démocratique elle est exemptée de toute rénovation véritable : plus que jamais présidentialistes, nous restons dans l’illusion de pouvoir appliquer de nouvelles politiques économiques et sociales audacieuses quand le système politique de la Vème République, en organisant l’éloignement des dirigeants et la coupure d’avec les citoyens, interdit de pouvoir compter sur l’appui populaire au moment où il y en aurait besoin pour réformer. Avec le refus d’envisager la VIème République, primo ministérielle, laïque et sociale, on se prive des moyens concrets de la réforme.
L’obligation de rénovation
Pour toutes ces raisons, nous ne nous reconnaissons pas dans la synthèse générale. Elle n’est pas à la hauteur de l’obligation de conduire la rénovation. Nous aurions aimé qu’elle soit beaucoup plus audacieuse, beaucoup plus authentique et pour tout dire, beaucoup plus durable. Mais nous ne croyons ni à sa force d’entraînement ni à sa pérennité. Au regard des premières conditions de sa mise en œuvre au plan national comme dans les fédérations nous voyons bien qu’elle a d’abord pour objectif d’afficher une image d’unité vis-à-vis de l’extérieur tout en couvrant souvent des pratiques d’exclusions.
Nous voulons plus que toute la victoire de notre parti et de ses projets en 2007. Nous la croyons encore possible, malgré le retard pris sur la nécessité du renouvellement. Nous entendons consacrer désormais toute notre force militante à cette victoire, au bénéfice du candidat que notre parti se sera choisi, en imposant la Rénovation et en y associant tous ceux et celles qui sont convaincus que c’est le seul chemin possible.
C’est pourquoi nous décidons aujourd’hui de fonder le mouvement « Rénover, maintenant » et appelons tous ceux et celles qui le souhaiteront à nous rejoindre et à s’organiser avec nous pour cela. Courant d’idées, de projets et de programmes renouvelés, notre mouvement participera naturellement à toutes les échéances internes de notre parti, y présentera des textes et des candidatures chaque fois que cela sera nécessaire. Mais courant ouvert sur l’extérieur aussi, pour réduire la coupure qui grandit entre l’intérieur de notre parti et le reste de la société : à ce titre, nous appellerons les sympathisants du parti, les jeunes, les responsables associatifs et tous ceux et celles qui croient à la nécessité du renouvellement à gauche, à participer pleinement aux ateliers de la Rénovation que nous mettrons en place dans tous les départements et aux laboratoires de la Rénovation, séminaire ouvert trimestriel que nous organiserons au niveau national pour être le débouché du grand brassage et de travail collectif d’idées nouvelles auquel nous voulons contribuer.
Rénover ; maintenant ; sans attendre.
Pour pousser – malgré lui – notre parti à se renouveler. Et pour y associer dès aujourd’hui les énergies qui doivent en faire sa force demain. C’est la voie que nous avons choisie parce que nous aimons notre parti, parce que nous croyons en son avenir pour peu qu’il se renouvelle et parce que nous voulons plus que tout battre la droite en 2007.
11 Commentaire(s):
Bonjour à tous en ce nouveau jour, ce nouveau chemin qu'il va nous falloir arpenter...avec ce nouveau nom.
Pourquoi pas, me suis-je dit à sa découverte: ça évite notre ancien "nouveau", ça fixe le cap de notre courant.
Mais lorsque j'ai voulu voir sur internet si un site avait été créé (ce qu'a déjà fait "non à la synthèse"), je me suis retrouvé sur divers sites qui évoquaient le courant qui, au sein des Verts, s'appelle "Rénover maintenant".
Certes, il y manque la virgule, ce qui ne fait pas une différence fondementale, notammentsur les moteurs de recherches...
De retour de Paris, 1h du matin, après une heure de marche dans la ville de Toulouse parce que chez nous passé 23h y'a plus de bus (comme si dans la quatrième ville de France, dans l'année, il n'y avait plus personne dans les rues passé 23h!!!) et avant de me transformer en citrouille j'ai lu ton message du jour qui traduit bien notre réunion de samedi. Juste une remarque, nouveau courant, nouvelle dynamique, tu pourrais changer la couleur... le noir... c'est un peu sombre... et l'avenir s'ouvre à nous...
OK très bien, ça me parait clair et intéressant.Juste un petit détail quand même, pourquoi qualifier les militants NPS d'ex amis? Je ne comprends pas bien ou plutôt je préfère ne pas comprendre...J'ai besoin de précision sur le fond de ta pensée avant de m'engager, c'est très important pour moi.Souhaites-tu vraiment rassembler? Christine
Chère Christine, afin de répondre à ta question précise, permets-moi juste de tenter d'interpréter ce que Thierry voulait peut-être dire. Probablement fait-il allusion ici aux camarades qui ont mené des combats avec nous au sein de l'ex-famille politique que représentait le NPS. Mais si notre chemin s'est un peu séparé du leur, son propos reflète bien ce qui a transparu samedi à la réunion de "Rénover, maintenant": nous nous retrouverons un jour; beaucoup ne manqueront pas de revenir à nos côtés. D'ailleurs, l'ouverture vers tous les militants mais aussi vers l'extérieur du PS fut le maître mot. Quelques échos personnels de la teneur de la réunion de samedi pour te rassurer sur ce point, car j'ai été agréablement surprise par l'esprit des débats: on n'est peu revenu sur le passé (sauf pour demander que l'on ne refasse pas certaines erreurs); aucun anathème ou nom d'oiseaux n'a été lancé sur qui que ce soit; et c'est surtout vers l'avenir que l'on a regardé. Un moment émouvant et très symbolique fut quand Arnaud a invité un petit bout de femme de 85 ans (mais encore verte) à s'assoir. Les mots qu'a dits un jour notre nouvelle présidente, Françoise Seligmann-grande résistante en 1940 et militante de la paix en 1957-poussent eux-mêmes à s'engager:"militer, c'est croire".
Juste une question,
La réunion de samedi 10 était-elle confidentielle et privée?? ou ouverte à toutes et tous ?
Il y a eu peu de pub de faite alors que pour samedi 17 tout le monde peut y aller s'il s'inscrit.
"Rénover, maintenant", une boussole politique dont nous avons grand besoin... Prenons-en soin!
Grâce à Internet, la militante de Montbrison (Loire), ex Parisienne, ex Lyonnaise que je suis, réussit à partager quasi en direct les derniers évènements de notre courant naissant...
Je pense que nous venons de métamorphoser la nuit des résolutions du Congrès du Mans. Nous venons d'effacer bien des "mansonges".
Je veux croire que "Rénover, maintenant" ouvre désormais de nouvelles perspectives susceptibles de balayer la triste et navrante arithmétique
des places concertées, des trajectoires carriéristes arrangées.
Je veux croire que nous allons recoller à la dure réalité du terrain mais cette fois en y travaillant avec gravité sans effet de manches, sans effet narcissique non plus.
Nous nous devons de porter haut nos idées tout en restant exigeants avec nous mêmes. Il en va de notre crédibilité, de notre visibilité, de notre authenticité.
"Rénover, maintenant" rassemble des femmes, des hommes qui, je le crois, désirent vivre leurs convictions sans "blabla".
"Rénover, maintenant" véhicule des choix forts et audacieux, notamment le choix de cette exigence politique, lassés voire écoeurés que nous sommes par trop de comportements mesquins donc caduques dès lors que nous désirons faire de la politique autrement.
Si nous désirons redonner le goût de la politique et l'envie de la res publica, je crois que ni les uns ni les autres ne doivent décevoir cette fois-ci. En effet, nous sommes là pour redonner du sens et de l'espérance au coeur d'un espace sinistré, la scène politique.
Il incombe désormais à "Rénover, maintenant" de tenter de produire une autre politique, rénovée et renouvelée et d'imaginer des passerelles et des liens innovants : faisons ce pari-là.
Oeuvrons pour devenir ces femmes et ces hommes neufs!
Maintenant au travail...
Une réponse (du moins je l'espère) à Jean-Paul et un commentaire pour compléter ce que dit Marie-Françoise : la réunion du 10/12 dans une salle de l’Assemblée pourrait être qualifiée de réunion des fédérations. En fait, le lancement officiel de « Rénover, maintenant » aura lieu en février avec un événement ouvert à tous les militants. Affaire à suivre, donc. Un blog très utile pour se tenir au courant de tout cela et pour en savoir plus sur cette assemblée fondatrice:
http://changerlapolitique.blogspot.com/
A très bientôt, donc
Jean-Paul89 a dit…
Merci Anne-Florence de ta réponse. Etant présent jeudi dernier lorsque Arnaud à lancé son tour de France je ne comprenais pas qu'il ne nous ai pas invité pour le samedi, j'avais entendu parler de réunion secrète!!
Je suis éclairé maintenant et j'attends février avec impatience
13:15
Un mot pour répondre à st justine qui s'inquiétait de l'absence d'un site : en attendant la mise en place de nos sites nationaux et fédéraux, les militants socialistes parisiens (12è) ont créé http://rmparis12.free.fr pour faire suite à "nonalasynthese" - histoire de relayer les infos et de nous tenir informés...Amitiés socialistes rénovatrices & à bientôt! Patricia.
Maintenant : RM s'alliera-t-il avec FM et D&S ?
Montebourg and co arriveront-ils à prendre le parti comme Mitterrand à son époque ?
Camarade, "la route est longue et la pente est rude" (merci J-P R.) mais la victoire est à portée de main.
Je suis avec vous ...
La lutte continue !
Luc
PS: question stupide, mais pourquoi ne pas rallier JP Chevènement à notre rénovation? Est-ce illusoire d'imaginer un JPC président de la VIè République avec Arnaud comme PM ? Je pense que leur volonté de rénovation et leur sens républicain n'est pas si éloigné que ça ...
Thierry peux tu me communiquer ton adresse soit sur mlesbrosnps@hotmail.com, soit lesbrosmichelc6r@hotmail.com
Pour Marseille, nous mettons en route ceux que Michel VAUZELLE a qualifié a FOURRAS de " nps canal historique' peut etre peux tu le re utiliser
Fidéle a Arnaud et a son équipe je continue
Meilleurs voeux et a bientot a Paris Michel 06 86 49 38 57
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